vendredi 26 novembre 2010

"La Dernière Séance"

Le Jour où j'ai croisé Eddy Mitchell.

Tout a commencé il y a sept ou huit ans, comme dans "Retour vers le Futur", sauf, que c'était mon dernier jour chez Universal Music, et que ce soir d'été, il y avait leur fameuse fête annuelle. C'était une soirée Bollywood, qui se déroulait au Chalet des Îles, à Boulogne. Pour s'y rendre, il fallait monter dans une barque avec Robert Charlebois, le chanteur canadien. C'était un peu aussi surréaliste qu'Harry Potter.


Il n'y a pas de mot pour décrire la sensation lorsque Marc Cerrone, le roi du disco vous sert un verre de whisky coca en arrivant. Le Jean-Michel jarre du disco. Franchement, si Facebook avait alors existé, je l'aurais demandé en ami directement à mon retour. Mon meilleur "ami".

Une soirée pleine d'aventures.

Il y eut cette étrange danseuse exotique, dont l'effrayant gorille ferma les rideaux de ce qui était en réalité un "salon particulier"... J'ai facilement pu leur échapper lorsque j'ai précisé ne pas être une célébrité...

Dehors, une commerciale qui ne m'avait auparavant jamais adressé la parole vomissait, après m'avoir dit que j'étais un garçon formidable. Pendant ce temps-là, une peste de la Star Academy jouait à une borne d'arcade en extérieur. Il pleuvait. Dommage qu'une petite bâche la protégeait de l'électrocution. Voir le véritable Jacques Dessange chercher des gens à coiffer pendant une soirée, m'a poussé à reprendre au moins un second verre. J'explique à mon frère au téléphone que deux rappeurs saouls veulent copiner avec moi. Ce sont les "Tragédie". Je leur dit qu'ils ne ressemblent à rien. Ils ont des boutons d'acnée oranges. Ou de sacrés tâches de rousseur. Ça me perturbe. Ils sont plus forts que moi. Mais saouls. Ça doit être ça une soirée people.

Comme par magie, dans ce type de soirée, il suffit de sortir sa main pour qu'un verre y pousse. Cela peut rendre maladroit. Je me suis essayé à un jeu en bois, qui consistait à faire rouler une bille en bois à l'aide de baguettes le plus loin possible. La bille s'était échappée. Je l'ai suivi pour la ramasser. Des pieds la stoppent. Et comme dans un film, en levant la tête, je tombe nez à nez avec Eddy Mitchell discutant avec Charlebois. Je n'ai même pas osé lui parler. Peur d'être déçu s'il m'envoyait balader.

Pour moi, Eddy Mitchell, c'était "La dernière séance" qui se déroulait au "Palace", sur FR3, dans les années 80. Eddy, dans ma tête, ressemble à John Wayne. Les westerns tel que "Cent dollars pour un Shérif", côtoyaient des dessins animés de Tex Avery. John y était d'ailleurs aussi borgne dans ce film que Tex Avery l'était dans la vraie vie. J'ai dû le regarder un instant comme je regardais enfant les Hitchcock, cowboys et Jerry Lewis qu'Eddy me présentait. Les yeux grands ouverts.


"C'était vraiment bien l'enfance
Mais c'est la dernière séquence
Et le rideau sur l'écran est tombé"

A.

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